Les illustrations de Sandra Chapdelaine 


ou ma réalité cotoie allègrement mon imaginaire

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Le lièvre et la tortue

Publié le 7 août 2018 à 22:10

Loin de moi l'idée de critiquer ceux qui lancent leur peinture sur la toile, ces abstraitistes talentueux et impétueux qui lancent carrément leur énergie en même temps que le filet de peinture sur leur support. Au contraire, je suis admirative du fait que ils ont une telle confiance en eux pour savoir où va tomber cette fameuse goutte, ce fameux coulis carrément lancé avec sinon désinvolture, sinon avec un savoir faire certain. Pour ma part, j'angoisse à l'idée qu'un coulis, qu'une goutte tombe carrément là où elle ne devrait pas. Sérieusement c'est ma hantise.


Loin de moi critiquer ceux qui font deux trois œuvres de front et qui sont capables de les terminer en quelques jours à peine. Sérieusement, je vous admire, vous avez votre image mentale, votre croquis et vous y allez joyeusement, sachant où vous en êtes....


J'en viens au but de mon billet... Ces artistes que j'admire, l'ont il vraiment si facile? Pour ma part, je suis une artiste qui travaille lentement.... Très lentement. Je suis une control freak improvisée assumée. Je veux dire par là que si j'angoisse littéralement à l'idée qu'un petit détail mal fait va détruire l'idée que je me fait mentalement de la toile, souvent mon œuvre finale ne ressemble pas du tout à ce que j'avais en tête.


Comment j'y arrive? Si vous saviez comment des fois j'ai aucune stricte idée consciente de ce que je fais. Je l'avoue, sans fard et avec une légère gêne. Parce qu'on me demande souvent où je prends tout ca. Je ne suis jamais capable de répondre. Ma tête est remplie d'images, de sons, d'odeurs de sensations, mais tout est dans une brume... Un petit quelque chose remonte et PAF! Le crayon, le pinceau me démange... un croquis sommaire dont même ma fille aurait honte et je suis partie.


Vous pensez que je travaille vite? Non. Du tout. Couche par couche, du fond à en avant plan pour l'acrylique, en sections pour le reste, mes œuvres se dévoilent graduellement à moi. J'ai besoin de pauses régulières pour questionner mon subconscient avant d'avancer. Souvent, quand je reprend le travail, consciemment je ne sais pas plus ce que je fais. Mais je me fais confiance et je sais que ca va marcher.


J'ai besoin de cette lenteur, de ces détails, pour être satisfaite de mon art. Pour canaliser l'énergie que je veux insuffler dans mes toiles. Si je pouvais aller plus vite, prendre une photo de ma psychée et la lancer sur le support ca serait facile, mais serais ce aussi gratifiant?


Je travaille lentement, certe. Mais, je crois que cette lenteur fait aussi partie de mon charme et que j'en ai de besoin même si vers la fin je sens l'impatience me gagner . Mon Art, c'est mon Taï chi!


Catégories : billet du mois

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